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Conflits répétitifs en couple : pourquoi reproduisons-nous toujours les mêmes disputes ?
Photo : Pexels
10 septembre 2026·6 min de lecture

Conflits répétitifs en couple : pourquoi reproduisons-nous toujours les mêmes disputes ?

Florie FONTERME

Florie FONTERME

Psychopraticienne · Lyon

Quand la dispute semble toujours la même

Vous connaissez peut-être déjà le scénario.

Une remarque est faite. L'autre se défend. Le ton monte. L'un reproche, l'autre se justifie ou se ferme. Quelques minutes plus tard, vous vous retrouvez exactement là où vous ne vouliez plus être.

Le sujet change — l'argent, les enfants, les tâches quotidiennes, la belle-famille, le temps passé ensemble — mais la dispute semble étrangement familière.

Certaines personnes que je reçois en psychothérapie à Lyon me disent : « Je sais exactement comment ça va se terminer et pourtant, à chaque fois, je retombe dedans. »

Ce sentiment d'être pris dans une boucle peut-être épuisant, et souvent décourageant.

Derrière des conflits de couple récurrents, ce n'est pas toujours uniquement le désaccord du jour qui se joue. Ces répétitions sont ce que les psychothérapeutes appellent des patterns relationnels : des schémas de fonctionnement qui se sont construits, souvent bien avant cette relation. Nos relations peuvent ainsi réactiver des manières anciennes de nous protéger, d'obtenir de la reconnaissance, de réagir lorsque nous nous sentons rejetés ou de chercher à conserver notre place dans la relation.

« Ce n'est pas la dispute qui pose problème. C'est le schéma qu'elle révèle. »

Pourquoi ces schémas s'installent-ils ?

Nos premières expériences affectives — avec nos parents, notre famille, nos premières relations — ont façonné une sorte de carte intérieure : ce à quoi nous nous attendons des autres, comment nous réagissons quand nous nous sentons blessés ou ignorés.

Cette carte fonctionne souvent en dehors de notre conscience. Résultat :

  • Vous réagissez avant même d'avoir réfléchi
  • Votre partenaire fait de même, avec sa propre carte
  • Les deux cartes entrent en collision — et la dispute éclate

Imaginons par exemple cette situation :

— « Tu aurais quand même pu me prévenir que tu rentrerais tard. » — « Je ne vais pas non plus te rendre des comptes sur tout ce que je fais ! » — « De toute façon, tu ne penses jamais à moi. » — « Et toi, tu n'es jamais contente ! »

Quelques minutes plus tard, chacun repart avec une conviction renforcée : « Il ne se soucie pas de moi » pour l'un, « Quoi que je fasse, ce n'est jamais assez » pour l'autre.

C'est là que l'Analyse Transactionnelle parle notamment de jeux psychologiques : des séquences relationnelles répétitives dans lesquelles chacun finit par retrouver une place, une émotion ou une conclusion familière.

Le paradoxe est que personne ne souhaitait probablement arriver là. Pourtant, chacun a participé, à sa manière, à reconstruire une situation qui vient confirmer quelque chose qu'il connaissait déjà.

Ce que j'observe en consultation

En psychothérapie, l'objectif ne consiste donc pas seulement à apprendre à « mieux communiquer ».

Nous pouvons essayer de ralentir le film :

Qu'est-ce qui s'est passé juste avant que je réagisse ? Qu'ai-je entendu dans les paroles de l'autre ? Qu'est-ce que j'ai ressenti ? Qu'ai-je immédiatement pensé de lui… mais aussi de moi ? Et qu'ai-je fait ensuite ?

Une phrase aussi banale que « tu aurais pu ranger ça » peut être entendue très différemment selon les personnes.

L'une entendra simplement une demande.

Une autre entendra : « Tu n'es jamais capable de faire les choses correctement. »

Une troisième : « Encore une fois, tout repose sur moi. »

Et c'est parfois davantage à ce que nous avons entendu qu'à ce qui a réellement été dit que nous commençons à répondre.

Le travail thérapeutique permet de rendre progressivement ces mouvements plus visibles. Non pour déterminer qui a commencé ou qui a raison, mais pour retrouver une possibilité de choix là où la réaction semblait jusque-là automatique.

Votre part dans la danse relationnelle

Un conflit de couple, c'est une danse à deux. Chacun a ses pas, ses réflexes, ses esquives. La bonne nouvelle : vous n'avez besoin de changer que votre propre partie de la danse pour modifier l'ensemble du mouvement.

Cela ne signifie pas que tout est de votre faute. Cela signifie que vous avez une prise sur vous-même — et c'est là que commence le vrai travail.

Trois réflexes courants qui entretiennent les schémas

  1. L'escalade : la voix monte, les mots se durcissent. On cherche à avoir raison plutôt qu'à être entendu.
  2. Le retrait : on se ferme, on se tait, on quitte la pièce. Le conflit s'arrête, mais rien n'est résolu.
  3. La surexplication : on justifie, on argumente, on cherche à convaincre — sans jamais nommer ce qu'on ressent vraiment.

Ces réflexes sont des mécanismes de protection. Ils ont souvent été utiles à un moment de votre vie. En thérapie, il s'agit de les reconnaître sans les juger, puis d'explorer ce qu'ils protègent.

Un exercice à essayer maintenant

Repensez à votre dernière dispute récurrente et complétez ces cinq phrases :

  • Au départ, il s'est passé… Décrivez uniquement les faits.
  • J'ai immédiatement pensé… Qu'avez-vous interprété de la situation ?
  • Je me suis senti(e)… Colère, peur, tristesse, honte, injustice, rejet ?
  • Alors j'ai… Critiqué ? Argumenté ? Crié ? Cédé ? Quitté la pièce ? Cessé de parler ?
  • À la fin, je me suis dit… « Il ne changera jamais. » « Je suis toujours seul(e). » « Je ne compte pas. » « Je ne suis jamais assez bien. »

Cette dernière phrase mérite une attention particulière.

Si vous la retrouvez dans de nombreux conflits, peut-être raconte-t-elle quelque chose de plus large que la dispute elle-même.

C'est précisément ce que nous pouvons explorer en psychothérapie.

Quand consulter ?

Il est recommandé de consulter un professionnel lorsque :

  • Les mêmes disputes reviennent depuis des mois ou des années sans évolution
  • Vous vous sentez coincé·e dans un rôle que vous ne souhaitez pas jouer
  • Le conflit laisse une trace durable : honte, tristesse, sentiment d'incompréhension profonde
  • Vous avez l'impression de réagir à autre chose que ce dont vous parlez vraiment
  • La relation vous épuise, même dans les moments calmes

Une approche psychothérapeutique individuelle peut vous aider à mieux comprendre vos propres schémas — sans pointer du doigt votre partenaire, sans chercher un coupable. Il s'agit de travailler sur vous, pour vous, et souvent, indirectement, pour votre relation.

En tant que psychopraticienne à Lyon, je vous accompagne dans cet espace d'exploration, à votre rythme, avec bienveillance. Mon approche vise à rendre visible ce qui fonctionne en dehors de votre conscience, pour que vous puissiez faire des choix plus libres dans vos échanges.

Si ce que vous venez de lire résonne avec ce que vous vivez, n'hésitez pas à prendre contact. Parfois, une première séance suffit à poser un regard différent sur une situation qui semblait sans issue.

Vous vous reconnaissez dans cet article ?

Si cet article fait écho à votre situation, je vous accompagne au cabinet à Lyon. Chaque consultation est adaptée à vos besoins.

Florie FONTERME

Florie FONTERME

Psychopraticienne · Lyon

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Questions fréquentes

Il est tout à fait possible de travailler seul sur ses propres schémas relationnels. Comprendre sa part dans les dynamiques de couple peut déjà modifier profondément la qualité des échanges, même sans que le partenaire soit présent en séance.
La première étape consiste souvent à repérer la séquence : ce qui déclenche votre réaction, ce que vous interprétez, ce que vous ressentez et la manière dont vous répondez. Comprendre le schéma permet progressivement d'expérimenter d'autres façons de réagir et d'entrer en relation.
Les désaccords font partie de la vie de couple. Ce qui peut devenir problématique, c’est lorsque les conflits suivent toujours le même scénario, provoquent une souffrance importante ou donnent le sentiment qu’aucune autre manière de communiquer n’est possible. Ce sont moins les disputes elles-mêmes que leur répétition, leur intensité et leurs conséquences sur la relation qui peuvent inviter à s’interroger.

Cet article est à visée informative et ne constitue pas un avis médical.

© Florie FONTERME

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