
Pourquoi faire une psychothérapie même quand on va bien | Lyon

Florie FONTERME
Psychopraticienne · Lyon
Quand faire une pause permet d’y voir plus clair
Nous pensons souvent à la psychothérapie lorsqu’une difficulté devient trop importante : anxiété, mal-être, conflits relationnels, perte de confiance, séparation, épuisement ou événement douloureux.
Mais il existe une autre raison de consulter : avoir besoin de s’arrêter un moment.
S’arrêter pour mettre des mots sur ce que l’on vient de vivre. Pour comprendre pourquoi quelque chose nous touche autant. Pour prendre de la hauteur sur une situation. Pour réaliser aussi tout ce que nous avons traversé ces derniers mois.
Parce qu’entre vivre les événements et les intégrer, il existe parfois un temps que notre quotidien ne nous laisse pas.
Nous vivons beaucoup de choses… sans toujours avoir le temps de les penser
Nos journées sont souvent occupées par ce qu’il faut faire : travailler, prendre des décisions, répondre aux sollicitations, s’occuper des autres, organiser, anticiper, résoudre les problèmes qui se présentent.
Alors nous avançons.
Et cette capacité à continuer est souvent une ressource. Nous nous adaptons, trouvons des solutions et faisons face à ce que la vie nous demande.
Mais avancer ne signifie pas nécessairement que nous avons eu le temps de comprendre ce que les événements produisent en nous.
Une évolution professionnelle, le départ d’un enfant, une rencontre, une séparation, le vieillissement d’un parent, une déception, un changement dans une relation, une réussite importante ou simplement une période particulièrement dense peuvent continuer à résonner longtemps après que les événements ont eu lieu.
Il n’est pas nécessaire qu’ils soient traumatiques pour avoir besoin d’être assimilés.
Nous pouvons parfaitement continuer à fonctionner tout en ressentant confusément que quelque chose mérite d’être regardé.
La psychothérapie comme espace pour faire une pause
Une séance de psychothérapie crée un espace assez particulier dans le quotidien.
Pendant ce temps, il n’y a rien à produire, aucun problème à résoudre immédiatement, aucune décision à prendre pour satisfaire quelqu’un d’autre.
Vous pouvez simplement partir de ce qui est là.
Une pensée qui revient depuis quelques jours. Une conversation qui vous a touché davantage que prévu. Une décision que vous n’arrivez pas à prendre. Une fatigue que vous ne comprenez pas vraiment. Ou au contraire quelque chose de positif qui est en train de changer dans votre vie.
Cela pourrait sembler être simplement prendre une heure pour soi. Pourtant, la présence d’un thérapeute en fait un espace différent.
Parce que parler à quelqu’un qui écoute, questionne, reformule ou s’arrête avec vous sur une phrase permet parfois d’entendre autrement ce que vous venez vous-même de dire.
Ce qui était vécu peut alors progressivement devenir quelque chose que l’on peut aussi penser.
« Digérer » ce qui se passe dans nos vies
J’aime l’idée de digérer ce que nous vivons.
Nous avons parfois tendance à considérer qu’un événement est derrière nous simplement parce qu’il est terminé.
Pourtant, notre temporalité intérieure n’est pas toujours celle du calendrier.
Une situation peut être passée et continuer à nous interroger. Une décision peut avoir été prise sans que nous ayons encore mesuré ce qu’elle change. Une période difficile peut être terminée sans que nous ayons pris conscience de tout ce qu’elle nous a demandé.
À l’inverse, nous pouvons aussi avoir vécu quelque chose d’heureux sans avoir réellement pris le temps de nous demander ce que cela ouvre de nouveau pour nous.
La psychothérapie permet cette élaboration : revenir sur ce qui s’est passé, mettre des mots sur ce que cela nous a fait vivre, établir des liens, distinguer ce qui appartient au passé de ce qui se joue aujourd’hui.
Il ne s’agit pas de revenir sans cesse sur tout ce qui nous arrive.
Il s’agit parfois simplement de laisser à notre expérience le temps de devenir intelligible.
La psychothérapie n’est pas seulement un endroit où parler de ce qui va mal
Faire une pause ne signifie pas chercher absolument un problème à résoudre.
Une séance peut aussi être l’occasion de reconnaître quelque chose qui va bien, de mesurer le chemin parcouru, de prendre conscience qu’une relation a changé, qu’une limite est devenue plus facile à poser ou qu’une manière de se regarder a évolué.
La psychothérapie peut également permettre d’accueillir une question encore imprécise :
« Je ne sais pas exactement ce qui se passe, mais je sens que quelque chose change. »
Tout n’a pas besoin d’être immédiatement nommé, compris ou transformé.
Il peut être précieux d’avoir un lieu dans lequel nous ne sommes pas obligés de savoir avant de commencer à parler.
S’offrir un espace pour penser sa vie plutôt que seulement la traverser
Dans mon cabinet de psychothérapie à Lyon, j’accompagne des adultes qui arrivent avec des difficultés très différentes. Certains traversent une période de souffrance importante. D’autres rencontrent une difficulté précise. Et certains ressentent surtout le besoin de prendre du recul sur ce qu’ils vivent.
La psychothérapie peut alors devenir un rendez-vous avec soi-même.
Non pas pour analyser en permanence chaque événement de sa vie, mais pour disposer régulièrement d’un espace où l’on peut s’arrêter et se demander :
Comment est-ce que je vais ? Qu’est-ce que je suis en train de vivre ? Où est-ce que j’en suis ? Et comment ai-je envie de continuer ?
Parfois, prendre soin de soi commence simplement par cela : ne pas attendre que quelque chose aille mal pour prendre le temps de s’écouter.

