
Hypervigilance après un traumatisme : comprendre cet état d'alerte permanent

Florie FONTERME
Psychopraticienne · Lyon
Quand le danger est passé, mais le corps ne le sait pas encore
Vous sursautez au moindre bruit. Vous observez constamment ce qui se passe autour de vous. Vous avez du mal à vous détendre, à dormir profondément ou à vous concentrer. Même dans un environnement apparemment sûr, une partie de votre attention semble rester mobilisée pour anticiper ce qui pourrait arriver.
Cette expérience peut correspondre à ce que l’on appelle l’hypervigilance.
Elle peut notamment apparaître après un événement traumatique ou une période durant laquelle il a fallu rester particulièrement attentif au danger : accident, agression, violences, menace répétée, événement brutal…
L’hypervigilance n’est donc pas simplement le fait d’être « trop nerveux ». Elle peut être comprise comme une réponse de protection qui continue à se manifester alors que le contexte a changé.
Comment reconnaître l'hypervigilance ?
- L’hypervigilance peut prendre des formes différentes selon les personnes :
- sursauter facilement ou réagir fortement à certains bruits ;
- surveiller les personnes, les lieux ou les issues ;
- avoir du mal à relâcher son attention ou à se sentir réellement en sécurité ;
- ressentir une tension physique persistante ;
- être irritable ou avoir des difficultés à se concentrer ;
- rencontrer des troubles du sommeil ;
- se sentir épuisé par cette attention permanente.
Certaines personnes décrivent un décalage particulièrement déroutant : « Je sais que je ne suis plus en danger, mais je reste constamment sur mes gardes. »
Cette distinction entre ce que l’on sait et ce que l’on éprouve est importante.
Pourquoi le système nerveux reste-t-il en alerte ?
Face à une menace, notre organisme est capable de mobiliser rapidement des réponses destinées à nous protéger : augmentation de l’attention, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, préparation à agir ou à fuir.
Après certaines expériences traumatiques, des éléments du présent peuvent continuer à être perçus comme des indices possibles de danger, même lorsqu’ils ne constituent pas une menace en eux-mêmes.
Un claquement de porte, une voix qui monte, une odeur, un lieu, une proximité physique ou certaines situations relationnelles peuvent ainsi provoquer une réaction très rapide.
Cela ne signifie pas que vous « imaginez » le danger.
Votre réaction a pu avoir une fonction essentielle à un moment donné : vous protéger.
La question en psychothérapie devient alors moins « Comment faire disparaître cette réaction ? » que :
« De quoi cherche-t-elle encore à me protéger aujourd’hui ? »
Quand une stratégie de protection devient envahissante
C’est une dimension particulièrement importante dans ma manière de travailler.
Plutôt que de considérer immédiatement l’hypervigilance comme un dysfonctionnement qu’il faudrait corriger, nous pouvons essayer de comprendre dans quel contexte cette vigilance a pris sens.
Une personne ayant longtemps vécu dans un environnement imprévisible a par exemple pu apprendre à observer très finement les changements d’humeur d’un proche : son visage, son ton de voix, ses gestes…
Être attentive était alors une manière d’anticiper.
Plus tard, elle peut continuer à scruter les réactions des autres et à interpréter de très petits changements comme les signes annonciateurs d’un conflit.
Ce qui constitue aujourd’hui une source d’épuisement a donc parfois été, auparavant, une manière particulièrement pertinente de s’adapter à une situation difficile.
Le travail thérapeutique permet progressivement de distinguer davantage ce qui appartient au danger d’hier de ce qui se passe dans le présent.
Hypervigilance et traumatisme : quand consulter ?
L’hypervigilance peut être l’une des manifestations rencontrées après un traumatisme psychologique, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à établir un trouble de stress post-traumatique.
Il peut être utile de consulter lorsque cet état d’alerte persiste, devient difficile à vivre ou commence à affecter significativement votre sommeil, vos relations, votre travail ou votre quotidien :
- L'état d'alerte dure depuis plusieurs semaines ou mois et ne s'améliore pas
- Vous évitez des lieux, des personnes ou des situations pour ne pas déclencher de réactions intenses
- Vous avez des images, des pensées ou des sensations intrusives liées à l'événement passé
- Votre qualité de sommeil, votre travail ou vos relations sont significativement affectés
- Vous vous sentez coupée de vos émotions, comme engourdie, ou au contraire submergée
Dans ma pratique de psychopraticienne à Lyon, je vous accompagne d’abord à comprendre ce que vous vivez et la fonction qu’ont pu avoir certaines réactions dans votre histoire.
Il ne s’agit pas de vous obliger à raconter immédiatement l’événement traumatique ni de revivre ce qui s’est passé.
Le travail en psychothérapie peut permettre de repérer ce qui déclenche aujourd’hui l’état d’alerte, de différencier progressivement le passé du présent, de retrouver des ressources et de développer d’autres possibilités de réponse lorsque la protection n’est plus nécessaire de la même manière.
Mon approche, notamment appuyée sur l’Analyse Transactionnelle, accorde également une place importante à la relation thérapeutique : pouvoir expérimenter une relation suffisamment stable, respectueuse et prévisible participe au travail lorsque l’histoire a justement appris à se méfier, anticiper ou rester constamment en alerte.
L’objectif n’est pas de supprimer une partie de vous qui aurait « mal appris ». Il s’agit plutôt de reconnaître ce qu’elle a cherché à protéger et de lui permettre progressivement de ne plus avoir à accomplir seule ce travail en permanence.
Si vous vous reconnaissez dans l'un de ces points, vous n'avez pas à continuer seul.
En tant que psychopraticienne à Lyon, je vous accueille dans un espace où votre vécu est entendu sans jugement. Mon accompagnement s'adapte à votre rythme, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de traverser ce que vous traversez. Ensemble, nous pouvons explorer ce que votre système nerveux a traversé et travailler à restaurer progressivement un sentiment de sécurité intérieure.
Prendre rendez-vous, c'est déjà un premier pas vers vous.

